Brigitte Bardot : France 3 bouleverse sa soirée pour lui rendre hommage avec Stéphane Bern
À l’occasion des 40 ans de sa Fondation, la chaîne consacre 2h25 au combat animalier de BB, huit mois après sa disparition. Archives rares, proches et militants racontent ce qu’elle laisse derrière elle.
Cette fois, France 3 ne changera pas d’avis au dernier moment. Huit mois après la disparition de Brigitte Bardot, la chaîne lui consacre ce vendredi 21 août une grande soirée spéciale à partir de 21h10. Aux commandes, Stéphane Bern, accompagné du journaliste et biographe Yves Bigot, pour raconter une Brigitte Bardot moins souvent montrée à la télévision : non pas seulement la star de « Et Dieu… créa la femme », du « Mépris » ou de Saint-Tropez, mais la militante qui avait abandonné le cinéma pour consacrer la seconde moitié de sa vie aux animaux.
La soirée, intitulée « Brigitte Bardot – Le combat en héritage », célèbre les quarante ans de la Fondation créée par BB en 1986. Un anniversaire qui a forcément changé de dimension depuis sa mort, le 28 décembre 2025 à 91 ans. Pendant 2h25, France 3 va mêler archives rares, témoignages et reportages tournés à La Madrague et dans les refuges de la Fondation pour répondre à une question devenue encore plus importante depuis sa disparition : que reste-t-il du combat de Brigitte Bardot lorsqu’elle n’est plus là pour l’incarner elle-même ?
Ce rendez-vous intervient après un premier hommage pour le moins mouvementé. Au lendemain de sa mort, France Télévisions avait annoncé qu’elle bouleversait ses programmes et décidé de diffuser « Viva Maria ! », le film de Louis Malle avec Bardot et Jeanne Moreau, le lundi 29 décembre sur France 3. Le long-métrage devait remplacer « Famille, je vous aime », l’émission de Michel Drucker initialement prévue ce soir-là. Mais quelques heures avant le prime, nouveau changement : France 3 avait finalement remis Drucker à l’antenne et repoussé son hommage à Bardot au 1er janvier.
La raison ? Arte avait elle aussi décidé de rendre hommage à BB avec « La Vérité », d’Henri-Georges Clouzot. France Télévisions avait expliqué vouloir éviter de proposer simultanément deux films avec Brigitte Bardot et agir « dans l’intérêt des téléspectateurs ». Le rétropédalage n’avait pas franchement réussi à France 3 : « Famille, je vous aime » n’avait rassemblé que 774.000 téléspectateurs et 5 % du public. Ce vendredi, aucune improvisation : la soirée consacrée aux quarante ans de la Fondation est préparée depuis plusieurs semaines et pensée comme un véritable programme événement.
Du cinéma à la banquise, le grand basculement de BB
Brigitte Bardot avait commencé son combat bien avant de tourner son dernier film. Dès 1962, alors qu’elle est au sommet de sa célébrité, elle dénonce publiquement les méthodes d’abattage des animaux de boucherie. Mais le véritable tournant intervient en 1973. À seulement 38 ans, l’une des actrices françaises les plus célèbres au monde décide d’arrêter définitivement le cinéma. Les producteurs continuent de la réclamer, son nom reste une formidable machine médiatique, mais elle ne veut plus jouer.
Quatre ans plus tard, en 1977, Bardot part sur la banquise canadienne pour dénoncer la chasse aux jeunes phoques. Les photographies de l’ancienne sex-symbol serrant un blanchon contre elle font le tour de la planète. Elle comprend alors parfaitement comment utiliser ce qu’elle avait fini par détester : sa célébrité devient l’arme principale de son militantisme. Lorsqu’elle se déplace, les caméras suivent. Lorsqu’elle écrit à un ministre ou à un président de la République, son courrier ne finit pas facilement au fond d’un tiroir.
France 3 revient longuement sur cette métamorphose. Stéphane Bern a réuni autour de lui Anny Duperey, Éric Antoine, Jeanne Mas, Paul Watson, Mireille Dumas, Franz-Olivier Giesbert, Arielle Dombasle, Raphaël Mezrahi, Patrick Mahé ou encore Chico et Mario. Des membres de la Fondation participent également à l’émission afin de raconter moins le mythe Bardot que la mécanique très concrète laissée derrière elle.
Car la Fondation n’est plus depuis longtemps la petite structure créée autour d’une star. Elle intervient aujourd’hui dans 70 pays, compte plus de 70.000 donateurs, près de 300 salariés et plus de 500 enquêteurs et délégués bénévoles. Elle s’appuie sur quatre refuges et environ 150 pensions partenaires pour prendre en charge quelque 13.000 animaux. Des chiffres qui donnent une autre mesure à ce qui avait commencé, il y a quarante ans, comme le combat personnel d’une ancienne actrice.
Bernard d’Ormale chargé de faire vivre l’héritage
La question de l’après-Bardot n’est d’ailleurs plus théorique. Après sa disparition, Bernard d’Ormale, son mari pendant trente-trois ans, a été élu président de la Fondation. Il participe à la soirée de France 3 aux côtés de l’équipe dirigeante qui travaillait déjà depuis des années avec BB. Sa mission est désormais claire : poursuivre l’œuvre sans transformer l’organisation en simple gardienne de la mémoire de sa fondatrice.
Bardot avait elle-même pris ses précautions pour que son combat lui survive. Lorsqu’elle crée sa Fondation à Saint-Tropez en 1986, elle engage une partie importante de son patrimoine personnel. Pour obtenir les moyens nécessaires à son développement, elle se sépare de bijoux, vêtements et souvenirs de sa carrière. En 1992, le don de La Madrague permet notamment à la Fondation d’être reconnue d’utilité publique. L’ancienne vedette avait donc organisé très tôt le passage d’un engagement personnel à une structure capable d’exister indépendamment d’elle.
C’est cette histoire que Stéphane Bern veut remettre en perspective. La soirée ne gomme pas Bardot l’actrice, car sans elle la militante n’aurait probablement jamais possédé une telle force de frappe médiatique. « Et Dieu… créa la femme », les paparazzis, Saint-Tropez et la célébrité internationale sont bien présents, mais davantage comme le point de départ d’une trajectoire que comme son aboutissement.
La télévision a déjà largement accompagné les mois qui ont suivi sa mort. Ses obsèques, célébrées le 7 janvier à Saint-Tropez, avaient été suivies en direct par plusieurs chaînes d’information et avaient rassemblé famille, proches, anonymes et personnalités. Jean-Luc Reichmann, Caroline Margeridon, Mireille Mathieu, Paul Belmondo ou Paul Watson avaient notamment fait le déplacement pour lui rendre un dernier hommage.
Quelques semaines plus tard, Bernard d’Ormale avait accepté de se confier à Audrey Crespo-Mara dans « Sept à huit » sur TF1. Il y racontait plus de trente années de vie commune, La Madrague et les derniers moments de son épouse. France 3 prend ce soir une autre direction : il ne s’agit plus seulement de raconter celle qui est morte, mais ce qui continue après elle.
Stéphane Bern raconte la seconde vie de Bardot
Le choix de Stéphane Bern apparaît assez naturel pour porter cette soirée. L’animateur s’est fait une spécialité des grandes figures françaises et de la manière dont leur histoire personnelle finit par rejoindre un patrimoine collectif. Avec Bardot, le récit possède toutefois une particularité : il faut presque raconter deux femmes différentes.
La première est devenue une icône mondiale avant 30 ans, photographiée partout, copiée, désirée et traquée. La seconde a choisi de rejeter cette existence pour défendre des causes qui, dans les années 1970, étaient encore loin d’occuper la place qu’elles ont aujourd’hui dans le débat public. Ce basculement, France 3 le raconte à travers les grandes campagnes de Bardot mais aussi le travail beaucoup moins spectaculaire accompli quotidiennement par ceux qui ont repris le flambeau.
Le documentaire est d’ailleurs totalement inédit. Il ne s’agit pas, comme cela avait été écrit dans certaines premières présentations, d’une rediffusion sortie des archives après la disparition de BB. France Télévisions l’a conçu spécialement pour les quarante ans de la Fondation, avec des témoignages inédits et des images tournées pour l’occasion.
Après le cafouillage du premier hommage de décembre, France 3 revient donc à Brigitte Bardot dans des conditions très différentes. Cette fois, pas de film sorti précipitamment des placards ni de déprogrammation annulée quelques heures avant l’antenne. La chaîne réserve son prime à ce que Bardot considérait elle-même comme la véritable œuvre de sa vie : la défense des animaux et la Fondation chargée désormais de poursuivre ce combat sans elle.
« Brigitte Bardot – Le combat en héritage », présenté par Stéphane Bern, vendredi 21 août à 21h10 sur France 3 et france.tv.




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