BREAKING
Rentrée télé 2026 : Télématin, Koh-Lanta, Quotidien, Hanouna… toutes les dates à retenir Ce soir à la télé : PSG-Rennes, Kevin Costner ou Ahmed Sylla, nos choix de ce dimanche Formule 1 : sur quelle chaîne suivre le Grand Prix des Pays-Bas ? Raphaël Glucksmann au 20H de TF1 : ce dimanche peut tout changer pour Léa Salamé « The Voice Kids » revient en baisse, France 3 rafle la mise avec une rediffusion « Télématin » : Maya Lauqué seule aux commandes, France 2 joue gros dès lundi « The Voice Kids » : Lila, la fille de Jamel Debbouze, avance sans plan B Rentrée télé 2026 : Télématin, Koh-Lanta, Quotidien, Hanouna… toutes les dates à retenir Ce soir à la télé : PSG-Rennes, Kevin Costner ou Ahmed Sylla, nos choix de ce dimanche Formule 1 : sur quelle chaîne suivre le Grand Prix des Pays-Bas ? Raphaël Glucksmann au 20H de TF1 : ce dimanche peut tout changer pour Léa Salamé « The Voice Kids » revient en baisse, France 3 rafle la mise avec une rediffusion « Télématin » : Maya Lauqué seule aux commandes, France 2 joue gros dès lundi « The Voice Kids » : Lila, la fille de Jamel Debbouze, avance sans plan B
⭐ Premium
lundi 24 août 2026 · Newsletter · À propos · Contact
TV

Athlétisme : les caméras priées de ne plus mater les championnes

Gros plans insistants, contre-plongées douteuses, ralentis mal placés : pendant les Championnats d’Europe de Birmingham, les diffuseurs sont invités à changer de regard sur les athlètes féminines. Et pas seulement pour la forme.

Dans un sport où la grande majorité des personnes derrière les caméras sont des hommes, l’annonce de ces recommandations a été saluée par les athlètes féminines.
Dans un sport où la grande majorité des personnes derrière les caméras sont des hommes, l’annonce de ces recommandations a été saluée par les athlètes féminines.

À Birmingham, les chronos s’affolent, les médailles tombent et les caméras sont, elles aussi, sous surveillance. Depuis lundi 10 août, les meilleurs athlètes du continent se disputent les titres européens à l’Alexander Stadium. Mais cette édition 2026 sert également de test grandeur nature à une petite révolution télévisuelle : filmer les sportives pour ce qu’elles font, et non pour ce que certains plans laissent voir.

L’affaire a fait beaucoup de bruit à la mi-juillet, même si le document à l’origine de la polémique avait en réalité été publié dès le 8 juin. Baptisé Raising the Bar, ce guide consacré à la couverture de l’athlétisme féminin a été élaboré avec la participation de trois anciennes championnes, la Britannique Holly Bradshaw, la Serbe Ivana Španović et la Croate Blanka Vlašić. L’objectif n’est pas d’imposer une nouvelle police de l’image mais de faire réfléchir réalisateurs et cadreurs à des habitudes devenues presque invisibles à force d’être répétées.

Car le problème est très concret. Gros plans prolongés sur certaines parties du corps, caméra placée très bas, cadrages arrière particulièrement serrés, ralentis qui s’attardent sans apporter la moindre information sportive : les recommandations demandent désormais une vraie justification éditoriale. Un ralenti qui permet de comprendre un geste technique, évidemment. Un plan qui transforme quelques secondes de récupération ou la préparation d’un saut en séquence suggestive, beaucoup moins. Le principe pourrait presque tenir en une question : qu’est-ce que cette image raconte de la performance ?

La nuance est importante. Il ne s’agit ni de cacher le corps des athlètes ni de transformer les retransmissions en succession de plans larges aseptisés. En sprint, en saut en longueur, à la perche ou en hauteur, le corps est évidemment au centre de l’exploit. Puissance, explosivité, placement, vitesse : tout passe par lui. Mais montrer un geste et s’attarder sur une anatomie ne relève pas exactement du même choix de réalisation. Les nouvelles consignes privilégient donc les angles qui permettent de lire la technique, tout en évitant les images susceptibles de devenir compromettantes une fois sorties de leur contexte et recyclées sur les réseaux sociaux.

Le sujet est d’autant moins théorique que plusieurs athlètes ont raconté avoir découvert en ligne des ralentis ou des captures d’écran détournés de leurs compétitions. Holly Bradshaw, médaillée olympique à la perche, a notamment expliqué avoir elle-même subi des commentaires et des détournements sur les réseaux sociaux. Derrière une question apparemment anodine de cadrage se joue donc aussi la maîtrise de l’image des sportives, à une époque où quelques secondes de télévision peuvent circuler pendant des années.

Birmingham tombe à point nommé pour mesurer le changement. Les Championnats d’Europe, organisés jusqu’au dimanche 16 août, sont largement diffusés et les Français ont déjà ouvert leur compteur avec deux médailles de bronze : Étienne Daguinos sur 5 000 m lundi, puis Laëticia Bapté sur 100 m haies mardi. Muhammad Abdallah Kounta a également frappé fort en signant 44’’38 en demi-finale du 400 m.

Et le public français regarde. La première grande soirée, lundi sur France 3, a réuni 1,55 million de téléspectateurs entre 19h53 et 23h28, soit 11,8 % de part d’audience. Sur les 25-49 ans, la chaîne a atteint 13,2 %, malgré plus de trois heures trente de direct. De quoi rappeler qu’un Championnat d’Europe d’athlétisme reste un vrai spectacle de télévision.

Reste à savoir si le téléspectateur remarquera vraiment la différence. Probablement pas, et c’est peut-être précisément le but. Si une réalisation plus respectueuse demeure aussi spectaculaire, aussi lisible et aussi proche des athlètes, personne n’aura perdu quoi que ce soit. Sauf quelques plans dont on comprend aujourd’hui qu’ils n’avaient pas grand-chose à voir avec le sport.

Publicité

Commentaires

0

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.