« Association criminelle » : France 3 referme le piège autour de Bibi Melnick
Après un lancement à 1,7 million de téléspectateurs, le polar européen revient ce dimanche 16 août avec ses trois derniers épisodes. L’enquête d’Emer Berry et Christian De Jong, partie d’un trafic de diamants, mène désormais tout droit à une menace terroriste.
Une semaine et puis s’en vont. France 3 ne fait pas traîner « Association criminelle » et diffuse ce dimanche 16 août, dès 21h10, les trois derniers épisodes de cette première enquête. Une soirée pour découvrir jusqu’où mène le trafic de diamants qui, depuis l’Irlande, a conduit Emer Berry et Christian De Jong jusqu’en Belgique et dans les coulisses d’une affaire terroriste autrement plus dangereuse.
Le public a plutôt bien accueilli la série dimanche dernier. Le premier épisode a réuni 1,708 million de téléspectateurs, soit 12 % de part d’audience selon Médiamétrie, plaçant France 3 sur la troisième marche du podium derrière TF1 et France 2. Un démarrage honorable en plein mois d’août pour une fiction européenne inédite en France, sans visage particulièrement identifié par le grand public et dont l’univers tranche avec les polars maison de la chaîne.
Car ici, pas de meurtre dans un village de carte postale, ni de commissaire excentrique chargé de démasquer le coupable avant le générique. « Association criminelle » préfère les aéroports, les bureaux de police, les filières financières et les frontières devenues poreuses dès qu’il s’agit de faire circuler de l’argent sale.
Des diamants qui mènent au terrorisme
Tout est parti d’un trafic de diamants bruts découvert en Irlande. Emer Berry, lieutenant au Bureau des avoirs criminels, commence à remonter la piste avant de découvrir que les pierres sont liées à un attentat à la bombe commis à Anvers. L’enquête financière bascule alors dans une tout autre dimension.
Pour poursuivre ses investigations, Emer doit travailler avec Christian De Jong, inspecteur de l’antiterrorisme belge. Angeline Ball et Wouter Hendrickx forment un tandem qui fonctionne justement parce que la série ne leur impose pas une complicité de façade. Ils viennent de deux pays, de deux services et de deux cultures policières différentes. Elle traque l’argent, lui les terroristes. Très vite, ils comprennent qu’ils poursuivent les mêmes hommes.
C’est l’une des bonnes idées de la série : faire de la frontière autre chose qu’un décor. Les criminels la franchissent pour brouiller les pistes, déplacer l’argent et compliquer le travail des enquêteurs. Les policiers, eux, doivent apprendre à partager leurs informations et à travailler ensemble. Un polar européen au sens propre du terme.
Ce dimanche, l’affaire se resserre autour de la famille Brannigan. Fionn Brannigan a disparu. Il avait décidé de parler aux enquêteurs mais n’est jamais arrivé jusqu’à eux. Lorsque le corps d’un homme est retrouvé dans des bois près de Charleroi, Emer et Christian craignent qu’il ait été éliminé avant d’avoir pu révéler ce qu’il savait.
Siobhan Brannigan prend alors la direction de la Belgique pour identifier le corps de son mari. Mais elle vient aussi régler ses comptes avec Bibi Melnick et réclamer les diamants qu’elle estime lui revenir. Dans cette famille, même un possible enterrement n’efface pas les questions d’argent.
Pendant ce temps, Christian obtient de Hadi Mansour, l’ami de Sana Retz, qu’il raconte enfin ce qui s’est passé le soir de la mort de la jeune femme. Norah et son équipe, elles, pensent tenir une piste pour retrouver les diamants cachés. Les fils tirés depuis le premier épisode commencent enfin à se rejoindre.
Bibi Melnick a encore une carte à jouer
Et au centre de la toile apparaît Bibi Melnick. Emer et Christian finissent par l’arrêter, persuadés qu’elle a joué un rôle dans l’entrée clandestine de kamikazes en Belgique. Encore faut-il savoir si un nouvel attentat est en préparation et, surtout, où il doit frapper.
Bibi sait que les policiers ont besoin d’elle. Elle tente donc le tout pour le tout : des informations contre un traitement judiciaire plus clément. Elle réclame de n’être poursuivie que pour blanchiment et non pour terrorisme. Et pose sur la table un argument difficile à ignorer : 40 millions d’euros en diamants qu’elle se dit prête à restituer à l’État irlandais.
Emer, évidemment, flaire le piège. Elle soupçonne Bibi de ne pas avoir tout rendu et demande à Norah de continuer à chercher. Car depuis le début d’« Association criminelle », une règle ne change jamais : quand on retrouve l’argent, on finit généralement par retrouver ceux qui l’ont fait disparaître.
C’est ce qui donne à la série son petit supplément d’intérêt. Le trafic de diamants n’est pas là uniquement pour faire joli dans le scénario. L’argent constitue la colonne vertébrale de l’enquête. On le blanchit, on le transforme, on le cache, on le fait passer d’un pays à l’autre avant de découvrir ce qu’il permet réellement de financer. Parti du grand banditisme, le récit finit ainsi par rejoindre le terrorisme sans avoir besoin de changer artificiellement de registre.
« Association criminelle » n’est pas une série qui révolutionne le polar européen. Elle en utilise en revanche efficacement les codes : une ambiance sombre sans être plombante, une enquête qui prend son temps pour installer ses ramifications et des personnages dont on ne sait jamais complètement ce qu’ils ont à perdre.
France 3 a surtout eu la bonne idée de la programmer rapidement. Trois épisodes la semaine dernière, trois ce dimanche : les téléspectateurs n’auront attendu que sept jours pour connaître le fin mot de l’histoire. Reste à savoir combien des 1,708 million de curieux du lancement seront encore là lorsque Bibi Melnick abattra ses dernières cartes.
Parce qu’à ce stade, les diamants ne sont plus vraiment le problème. Ce qui compte désormais, c’est de savoir ce qu’ils ont payé.
« Association criminelle », épisodes 4, 5 et 6, ce dimanche 16 août à partir de 21h10 sur France 3.




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